3) Un bilan moral et psychologique dur.

L’impact sur les populations n’est pas seulement physique et du à un traumatisme médical, mais aussi à un traumatisme psychologique, agissant sur l’ensemble du corps culturel et social. En effet, l’handicap dont est victime une grande partie des Vietnamiens est souvent perçu comme la manifestation d’un mauvais sort, dans les croyances populaires ou encore comme la conséquence d’une « faute », d’un tort commis. En conséquence, des malades de la communauté villageoise sont rejetés de la vie en communauté. Sont alors exclus de la vie sociale leurs frères, sœurs même étant en bonne santé, qui ne peuvent se marier avec d’autres habitants. Aussi, sur les hauts plateaux du centre du Vietnam, vivent des populations dont la culture accorde une place importante à la nature (forêt,l’eau…) voient leurs croyances anéanties car ces zones furent tout particulièrement bombardées par l’agent orange.

Si les populations du Viêtnam et les maquisards furent les principales victimes de l’agent orange, les troupes de l’armée américaine furent aussi exposées à la menace « agent orange ». Dès 1978, les premières actions contre la firme MONSANTO se créent sous l’impulsion de Paul Reutershan, un vétéran atteint d’un cancer de l’intestin, qui porte plainte contre les fabricants et distribuants de l’agent orange. Il se voit bien rapidement rejoint par des milliers d’autres vétérans exposés à des doses dépassant de loin les doses réglementaires et officielles pendant la guerre du Vietnam. C’est la première « action de groupe », ou « class action » faite contre MONSANTO.

Aujourd’hui encore, de nombreuses associations américaine, vietnamienne tentent d’obtenir gain de cause en obtenant un dédommagement mais la lutte est bien mal engagée du côté Vietnamien qui a attendu longtemps pour se manifester, souci d’orgueil et qui avait accepté les conditions fixées à la fin de la guerre.


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