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2) Le déroulement de la guerre du Vietnam


          En Février 1959,
des « forces populaires de libération » commencent la lutte armée dans le delta du Mékong. Petit à petit, des armes et des renforts sont acheminés secrètement depuis le nord à travers tout un réseau de pistes tracées le long de la cordillère annamite (piste Hô Chi Minh). En 1960 est créé au sud un Front national de libération du sud-Vietnam qui en 1961 lance une offensive politico-militaire. Le gouvernement américain du président Kennedy envoie alors des milliers de « conseillers » pour organiser l’armée de Diem. En fin 1961, Américains et Diem regroupent les paysans (8 millions) dans 7000 « hameaux stratégiques » pour couper les guérillas communistes du milieu rural donc de leur ravitaillement. Mais le régime dictatorial de Diem s’aliène toute une partie de la population, en particulier les bouddhistes (nombreux suicides de bonzes par le feu) et malgré l’encadrement des Américains, son armée doit progressivement abandonner la moitié des campagnes. Les Etats-Unis, comprenant que ce régime est discrédité, provoquent un changement d’équipe : Diem et Nhu, son frère, sont arrêtés, exécutés et remplacés au pouvoir par un groupe de généraux présidé par le général Duong Van Minh. Un nouveau putsch porte au pouvoir un autre général, Nguyen Khanh fin janvier 1964. Devant l’instabilité du régime du sud, les Etats-Unis en arrivent à la conclusion que seule une intervention directe et massive de leurs troupes peut encore sauver la situation.

 

Au mois d’Août 1964, des incidents navals, survenus dans le golfe du Tonkin, fournissent au président Johnson le prétexte pour intervenir. Le 7 février 1965, l’aviation américaine commence contre le nord une offensive continue de bombardements. Le 8 mars, les premiers éléments d’un corps expéditionnaire débarquent au sud de Danang. Washington croyait " mettre à genoux " Hanoï en six semaines.



          Trois ans plus tard, en 1968, les Américains avaient sur place 500 000 hommes dotés d’une énorme puissance de feu. Ils étaient appuyés par une armée sud-vietnamienne d’un million cinq cent mille hommes. L’aide financière, économique et militaire octroyée par les Etats-Unis était considérable. Pour forcer les communistes à abandonner la lutte, ils utilisent les moyens les plus divers : bombardements intensifs des zones rurales, utilisation du napalm, recherche et élimination des guérilleros communistes, usage de défoliants dont l’agent orange pour détruire le couvert végétal car les Américains étaient incapables d’avancer dans la jungle tropicale (ils se faisaient piéger et attaquer sans cesse : les Vietnamiens étaient très bien cachés) Les conséquences sont importantes comme par exemple la dévastation des campagnes, abandon des rizières, surpeuplement des villes, problèmes de ravitaillement dislocation de toute une société. Au nord, les destructions des villes, des complexes industriels, des routes, provoquées par l’aviation américaine sont gigantesques. Mais la piste Hô Chi Minh, sans cesse bombardée est tout de suite réparée. Les armes et équipements affluent de la Chine et de l’URSS et le nord parvient même à accroître sa production agricole.

 

L’offensive du Têt pénètre, fin janvier 1968, jusqu’au centre de Saïgon. Le 31 mars 1968, le Président Johnson, conscient qu’il ne pourra pas l’emporter arrête les bombardements sur le nord.

 

Des négociations s’ouvrent à Paris à compter du 13 mai 1968. Elles durent quatre ans, pendant lesquels les combats se poursuivent au sud. Pendant ce temps, le président Nixon commence à retirer progressivement ses troupes en laissant au général Thiêu le soin de mener les opérations avec une aide accrue des Etats-Unis.

 

En avril 1972, les blindés du général Giap, traversant les hauts plateaux, débouchent soudain depuis le Cambodge devenu un "sanctuaire" communiste, à 100 km au nord de Saïgon. Malgré la reprise des bombardements sur le nord et le minage du port de Haïphong par les Américains, ces derniers acceptent de négocier.

           

Les accords de Paris, par lesquels les Etats-Unis reconnaissent l’indépendance, la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Vietnam sont signés le 27 janvier 1973. Par ces accords les Etats-Unis acceptent de retirer leurs troupes, ce qu’ils commencent à faire le 29 mars, en laissant à leurs alliés sudistes un abondant matériel militaire. Malgré le cessez-le-feu, la guerre n’est pas terminée. Fort d’une armée et d’une police nombreuses et bien équipées, Thiêu, désirant reprendre le terrain et les postes qu’il avait perdus, relance les opérations. Lors de la conférence de La Celle-Saint-Cloud, près de Paris, qui s’ouvre le 19 mars 1973, il refuse toutes les propositions faites par les communistes et en particulier la tenue d’élections libres à une assemblée constituante, et exige de reconnaître son régime comme le seul légal du sud. La démission du président Nixon aux Etats-Unis le prive alors de son meilleur allié. Le congrès américain refuse de continuer à aider un régime impopulaire et corrompu.

 

Le parti communiste vietnamien, lassé de  ces manœuvres, se résout à envisager une nouvelle poussée militaire, fin 1974. En janvier 1975, sans que Washington réagisse, ses troupes s’emparent des hauts plateaux (chute de la capitale Ban Me Thuot, verrou stratégique) et avec de puissantes forces blindées et d’artillerie occupent Hué, puis Danang la grande base américaine fin mars. Thiêu démissionne et le régime du nord accélère l’offensive vers Saïgon. La débâcle est indescriptible ; les Américains tentent d’évacuer en toute hâte leurs ressortissants ainsi que les Vietnamiens qui s’étaient compromis à leurs côtés.

 

            Le général Duong Van Minh qui a succédé à Thiêu signe une capitulation sans conditions du régime et de l’armée le 30 avril 1975. L’entrée des chars nord-vietnamiens dans Saïgon oblige les derniers Américains réfugiés sur le toit de leur ambassade à une évacuation en hélicoptère, dans une panique totale.

 

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